L’arrivée du printemps marque chez les naturalistes et les photographes la recherche des petites boules de poils que sont les renardeaux.

Avec l’expérience, on connaît un certain nombre de terriers, souvent partagés par blaireaux et renards, où sont susceptibles de grandir quelques nouveaux nés.

J’ai très vite eu la chance de croiser une famille de renards, au sein d’un groupe de terriers historiques, là même où j’ai eu le bonheur de croiser pour la première fois des renardeaux. Au cœur de l’hiver, j’avais repéré que les terriers étaient habités et j’avais même croisé un renard. J’ai donc installé un affût fait avec du mois mort, qui allait s’avérer… inefficace.

Lors de mon premier affût matinal, aux premières lueurs du jour, un renardeau est sorti à seulement trois mètres de ma planque. Un autre s’est installé à cinq mètres pour siester, mais je n’ai pas fait d’images. J’ai senti que je m’étais retrouvé au cœur de leur territoire et j’ai vite filé. Après coup, j’ai constaté que l’affût mis en place durant l’hiver servait en fait… de terrain de jeu pour les renardeaux…

Je suis revenu un jour un peu humide, juste avant 14h. Et là, bingo, puisque quatre renardeaux sont sortis du terrier à mon arrivée, pour vaquer à leurs occupations. Pendant deux heures, ils se sont bien éclatés, parfois intrigués par le déclenchement de l’appareil photo. Le plus téméraire est venu me voir à moins de cinq mètres. Et, cerise sur le gâteau, la renarde m’a même laissé filmer la séance d’allaitement !

Dans ces rencontres, tout est le plus souvent question de confiance. Quand je suis retourné un matin aux terriers, la renarde m’a surpris en arrivant derrière moi vers 8h du matin. Elle m’a fixé, s’est retournée deux fois, puis est tranquillement allée retrouver ses petits, qui ont continué ensuite à tourner autour de moi. 

C’est une attitude qui devrait être naturelle.

Mais le plus souvent, les renards, toujours considérés, à tort, comme des nuisibles, sont pourchassés et anéantis par les chasseurs.

On en tue plus de 600 000 par an en France, alors que, dans les faits, il est le premier allié des agriculteurs, et même un allié dans la lutte contre la maladie de Lyme. Toutes les études scientifiques le montrent… Et comme le renard est une espèce qui est capable de s’autoréguler, on devrait en fait le protéger et en interdire la chasse, comme le fait le Luxembourg !

Les petites boules de poil méritent bien de grandir tranquillement, non ?

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